
Une soixantaine de journalistes, d’acteurs de la société et des experts se sont retrouvés ce mardi 23 septembre 2025 pour parler du rôle que peut jouer l’Intelligence artificielle dans la lutte contre la désinformation dans nos Etats.
Nigerfocus le 23 septembre 2025 : L’Association des professionnelles africaines de la communication (Apac-Niger) et Search for common ground ont organisé ce mardi 23 septembre 2025 un colloque national sur “la lutte contre la désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle : avantages et menaces pour les États fragiles”.
“A travers ce colloque, nous souhaitons analyser ensemble les menaces et les opportunités liées à l’IA, identifier les défis spécifiques auxquels notre pays est confronté, et surtout proposer des pistes de solutions adaptées et durables”, a indiqué Aissa Alfary d’Apac à l’ouverture de cette rencontre qui entre dans le cadre du projet « Campagne de mobilisation sociale autour du numérique: Femmes et jeunes engagés pour la paix”.
Ce colloque s’inscrit également dans le cadre du projet régional “Laafi-Kibaru” à l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée chaque année le 21 septembre.
Quelles IA pour les États fragiles ?
C’est à cette question que les participants et les experts ont tenté de répondre afin de lutter contre les désinformation dans les pays dits fragiles. Des pays qui sont en proie à l’insécurité, à la pauvreté et au changement climatique.
“Nous savons tous que l’intelligence artificielle transforme profondément nos sociétés. Si elle offre d’énormes opportunités en matière d’innovation et de développement, elle représente également un défi majeur, notamment pour nos États, en facilitant la propagation de la désinformation et des discours de haine”, s’est inquiétée Aissa Alfaro d’Apac Niger.
Pour Aissata Chanoussi, la représentante de l’Agence nationale pour la société de l’Inforlmation (Ansi), la question n’est pas “technique”, elle est “stratégique”.
“Elle ne porte pas sur un outil, mais sur une arme. L’intelligence artificielle est un démultiplicateur de puissance qui redéfinit les contours de la guerre informationnelle”.
Selon elle la désinformation, amplifiée par les algorithmes, au-delà d’être un vecteur de fausses nouvelles, est devenue un instrument de déstabilisation capable d’éroder la confiance citoyenne, de fracturer la cohésion sociale et de paralyser l’action publique.
“Pour des nations en consolidation comme les nôtres, le risque n’est pas la controverse, mais la dissolution du réel comme socle commun”, a-t-elle insisté.
Pour sa part la représentante de Search for common ground, Mme Nadia Abdoul-aziz, l’émergence de l’intelligence artificielle soulève de nouveaux défis, notamment sa capacité à accélérer la diffusion de la désinformation et des discours de haine, en particulier dans les contextes fragiles.
Au Niger, le projet Laafi-Kibaru a enregistré des avancées significatives. Des milliers de jeunes, de femmes et de leaders traditionnels ont été mobilisés et formés pour devenir de véritables sentinelles du numérique.
“Grâce à ces acquis, ils disposent aujourd’hui des compétences nécessaires pour vérifier l’exactitude des informations, lutter contre la propagation des rumeurs et contribuer activement au renforcement de la cohésion sociale au sein de leurs communautés”, a rappelé Mme Nadia Abdou-Aziz, représentante de Search for common ground.

BB (www.nigerfocus.com)
