
Le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP) a mobilisé 38,42 milliards de FCFA au cours de sa troisième année d’activités. Depuis sa création, le Fonds totalise plus de 71,20 milliards de FCFA. Le bilan a été présenté ce samedi 10 octobre 2026 par sa présidente, Mme Réki Djermakoye, qui a détaillé les ressources mobilisées, les investissements réalisés et les perspectives du Fonds.
Nigerfocus le 11 octobre 2026 – Du 11 octobre 2025 au 10 octobre 2026, le FSSP a mobilisé exactement 38 422 287 807 FCFA. Les prélèvements institutionnalisés représentent 36,64 milliards de FCFA, soit 95 % des ressources, contre 1,78 milliard de FCFA provenant des contributions volontaires.
La collecte communautaire de 100 FCFA, lancée à la suite de l’Appel de Tillabéri, a permis de réunir 1,59 milliard de FCFA. Le dispositif couvre 92 % des communes du Niger, à travers 11 410 comités de collecte.
Sur trois ans, le cumul des ressources mobilisées atteint 71 205 146 527 FCFA, dont 83,4 % issus des prélèvements institutionnalisés et 16,6 % des contributions volontaires.
Présentant les principales sources de financement, Mme Réki Djermakoye a indiqué que les catégories de prélèvements institutionnalisés les plus porteuses en termes de recettes sont le prélèvement de 1 à 2 % sur les Chiffres d’Affaires de certaines Grandes Entreprises de secteurs stratégiques (21%); le prélèvement de 1% sur la rémunération mensuelle nette des agents de l’administration publique, parapublique et du secteur privé et un prélèvement supplémentaire sur les avantages des personnalités (18%)/
Il y a aussi un prélèvement sur certaines rubriques de la structure des prix des hydrocarbures (13%), un prélèvement de 15% sur les recettes provenant des redevances annuelles versées à l’ARCEP (9%) et un prélèvement de 3 à 12 % de la valeur en douanes sur les produits d’importation considérés comme biens de luxe (9%). Ces catégories représentent à elles seules 70% des ressources mobilisées.
En termes de performance dans la mobilisation des ressources, l’AN-3 a été marquée par un accroissement des ressources de 300 % par rapport à l’AN-2, avec un montant de 12 316 237 772 FCFA de ressources totales mobilisées. Mme Réki Djermakoye a expliqué cette évolution par l’élargissement des catégories de prélèvements institutionnalisés.
« Cette mobilisation exceptionnelle s’explique par l’entrée en vigueur de l’ordonnance n°2025-35 du 22 octobre 2025 qui consacre l’élargissement des catégories de prélèvements institutionnalisés, passant de 11 à 22 », a-t-elle précisé Djermakoye.
La défense au cœur des investissements
Le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité demeure la principale destination des ressources du FSSP. Sur trois ans, 58,80 milliards de FCFA ont été consacrés à la sécurité, soit 82,6 % du total mobilisé.
Au cours de la troisième année, 29 acquisitions majeures ont été financées à hauteur de 41,08 milliards de FCFA.
« Ces investissements massifs intègrent non seulement 343 véhicules, 4 928 motocyclettes, des armes et des munitions, mais également le financement d’infrastructures d’industrie de défense, l’aménagement de sécurité des sites stratégiques, des actions de renforcement de capacités, l’achat de pièces détachées et lubrifiants, ainsi que d’autres équipements spécifiques », a estimé Mme Rak Djermakoye.
Le Fonds soutient également le développement de l’industrie de la défense nationale à travers des projets d’assemblage et de blindage de véhicules militaires, des ateliers régionaux de maintenance et des structures de fabrication et de remise en état de véhicules blindés.
Un atelier de fabrication d’équipements militaires est prévu au niveau de la Direction centrale du matériel des armées (DCMAT). Il doit notamment produire des équipements de protection individuelle et du matériel destiné aux soldats. Un atelier de confection de tenues militaires et d’accessoires est également annoncé.
À ce sujet, la présidente a déclaré que notre capacité de production devrait atteindre 1 000 tenues par jour.
Des projets économiques et sociaux pour soutenir l’emploi
Le FSSP consacre également une partie de ses ressources aux initiatives économiques et sociales. Au cours de la troisième année, 1,92 milliard de FCFA ont été investis dans quatre nouveaux projets et dans la poursuite de deux projets en cours.
Les nouvelles initiatives concernent la promotion du riz local, l’appui à la mobilisation générale, l’insertion professionnelle de 1 000 diplômés et la mobilisation citoyenne. Les projets poursuivis portent notamment sur la réhabilitation des aménagements hydro-agricoles des CDA à Diffa et le développement de la filière du poisson frais à Diffa, Niamey, Maradi et Zinder.
Selon le bilan présenté, ces interventions ont permis de créer 2 026 emplois et d’accompagner 2 758 acteurs des chaînes de valeur.
Le Fonds a également enregistré 152,25 millions de FCFA de contributions en nature au cours de la troisième année, au bénéfice notamment des secteurs de la défense, de la santé, de l’éducation et de l’environnement.
Des charges de fonctionnement limitées à 3 %
La gestion des ressources a également été abordée lors de la présentation du bilan. Mme Réki Djermakoye a rappelé que l’article 20 de l’ordonnance n° 2025-35 du 22 octobre 2025 plafonne les charges de mobilisation et de fonctionnement à 3 % des ressources mobilisées.
La présidente a tenu à clarifier la portée de ce plafond : « Les 3 % ne constituent pas des ristournes pour les membres du Comité de gestion et le personnel d’appui. Ils couvrent essentiellement les dépenses de mobilisation des ressources et de fonctionnement ».
Ces dépenses comprennent notamment la communication, les déplacements, la logistique et les charges salariales. Pour la troisième année, elles se sont élevées à 371,32 millions de FCFA, soit 0,97 % des ressources mobilisées sur la période et environ 0,5 % du total mobilisé depuis la création du Fonds.
Les contributions financières sont versées sur un compte de dépôt au Trésor. « Les ressources du FSSP sont des fonds publics sacrés, gérés par un comité de gestion sous la supervision rigoureuse du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) », a rappelé la présidente du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie.
De nouvelles perspectives pour le Fonds
Pour la suite, le FSSP entend rendre pleinement opérationnels les 11 410 comités de collecte, améliorer le suivi des prélèvements et renforcer ses outils de communication. De nouvelles stratégies de mobilisation des ressources sont également envisagées.
La présidente a indiqué que le Fonds souhaite accroître ses investissements dans les unités industrielles susceptibles de créer des emplois, notamment au profit des jeunes et des femmes.
Créé par l’ordonnance n° 2023-13 du 11 octobre 2023, puis réorganisé par l’ordonnance n° 2025-35 du 22 octobre 2025, le Fonds a notamment pour missions de renforcer les capacités des Forces de défense et de sécurité, de soutenir les populations déplacées, d’accompagner la mobilisation citoyenne et de favoriser l’emploi des jeunes et des femmes à travers des projets innovants.
OH/bb (www.nigerfocus.com)
