Au Niger, plus de 4 000 agriculteurs et éleveurs formés pour faire aux aléas climatiques et environnementaux. 

Pays sahélien, le Niger subit en plus des effets liés au changement climatique, les effets liés à la mauvaise  gestion des terres et de l’environnement. Pour répondre à ce défis, le gouvernement du Niger et Mercy corps mettent en œuvre depuis septembre 2021 un programme. Ainsi plus de 57 hectares de terres dégradées ont été récupérées. 

Nigerfocus le 14 septembre 2025 : Le programme Justice et stabilité au Sahel (JASS) porté par l’ONG internationale Mercy corps et soutenu par le Foreign Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni (FCDO), a soutenu la création et le renforcement de 105 commissions foncières, la réhabilitation de plus de 336 hectares de pâturages dégradés et 57 hectares de terres agricoles dégradées ont été réhabilités grâce à “des flotteurs individuels dans la vallée de Tarka dans les régions de Tahoua et de Maradi, et de 27 points d’eau.

Au total, plus de 4 555 agriculteurs et éleveurs, dont 57 % de femmes, ont reçu des semences, des formations et des équipements pour renforcer leur résilience et améliorer leurs moyens de subsistance”, a déclaré, Melaku Yirga,  le Directeur régional de Mercy corps à l’ouverture d’un forum qui a regroupé à Niamey 200 participants venus du Mali et du Niger en fin août.

“Ces résultats illustrent le type de changement concret porté par la communauté auquel le JASS contribue”, a ajouté le représentant de Mercy corps.

Pour le Directeur régional de Mercy corps, c’est aussi le résultat de l’effort collectif indiquant que “lorsque les femmes, les hommes, les jeunes et les groupes socioculturels participent pleinement à l’élaboration de solutions, les résultats sont plus durables et équitables”. 

Au cours de ce forum, le ministre de l’agriculture et de l’élevage a reconnu la pertinence du programme JASS au Niger. 

Il nous faut unir nos intelligences, nos savoirs endogènes et nos innovations modernes pour bâtir un Sahel résilient et souverain”, a martelé Mahamane Elhadj Ousmane. 

A en croire le ministre de l’agriculture et de l’élevage, la vision des autorités nigériennes est claire. C’est un “Niger où la résilience climatique renforce la cohésion sociale, transforme les oasis, les plaines et les villages en pôles de production et de paix, fait du climat et de la justice environnementale un levier de stabilité et de prospérité”. 

En voulant s’aligner aux “politiques et orientations prioritaires de notre pays”, Merci Corps, à travers le programme Justice et Stabilité au Sahel JAS, apporte “une réponse concrète, structurée et innovante à ses défis multidimensionnels”, a estimé le ministre nigérien de l’agriculture et de l’élevage. 

La table de séance lors de la cérémonie d’ouverture du forum (Photo : Mercy corps)

Une situation difficile 

« S’il y a au monde, une région qui subit encore les sévères conséquences des extrêmes climatiques, idéologiques et environnementaux, c’est bien la région du Sahel en Afrique de l’ouest ». C’est par ces mots que le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a accueilli, les participants venus du Mali et du Niger pour le forum national sur la résilience climatique au service de la paix et de la sécurité.

Organisé par l’Ong internationale Mercy corps dans le cadre du programme Justice et stabilité au Sahel (JASS) financé par le royaume de Grande Bretagne, ce forum vise à « favoriser le dialogue intersectoriel, le partage d’expérience et la co-construction de solutions durables face aux défis climatiques ».   

Il se veut aussi un cadre de réflexion sur la gestion inclusive des ressources naturelles, la gouvernance environnementale locale et la prévention des conflits.

Les effets du changement climatique entraînent dans notre espace des pertes considérables de superficie et la disparition des moyens de subsistance des populations qui vivent de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des échanges en tout genre et de la chasse dans une moindre mesure”, a déploré le gouverneur de Niamey lors de l’ouverture de ce forum. 

Selon lui, pour survivre certains habitants s’adonnent aux “activités criminelles” faisant du Sahel, “le terreau du terrorisme importé et entretenu”. Aussi il propose l’adoption des actions qui permettront de déterminer avec exactitude “les causes de la fragilité structurelle des communautés ou même des Etats entre autres”. 

Séance de formation sur l’enrichissement de l’aliment bétail (Photo : Mercy corps).

La co-création, une solution.

Comment vaincre les effets du changement climatique et permettre une meilleure vie aux communautés affectées? C’est dans la recherche de réponses à cette question et bien d’autres que ce programme a été conçu. Et dans cette démarche l’idée de co-création trouve tout son sens selon Mme Catheline Inglehearn, l’ambassadrice du Royaume de Grande Bretagne au Niger. 

Co-créer c’est reconnaître que les solutions les plus robustes émergent quand les communautés, les autorités locales et nationales, les chercheurs, les secteur privé et les partenaires techniques travaillent tous ensemble de la conception jusqu’à la mise à l’échelle et la pérennisation des interventions”. 

Pour la diplomate britannique, ce programme renforce la résolution inclusive des conflits liés aux terres et aux ressources naturelles tout en soutenant l’adaptation au choc climatique et en produisant des données probantes pour orienter les politiques publiques. 

La résilience n’est pas un résultat ponctuel, c’est un bien commun que l’on entretient jour après jour ensemble”, a-t-elle insisté.  

Le programme JASS, financé par le Bureau des Affaires Étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) à hauteur de 19 millions de livres sterling, est mis en œuvre par Mercy Corps en partenariat avec les ONG nationales « Association Malienne d’Eveil au Développement » (AMEDD) au Mali et « Cercle de réflexion et d’action pour le Développement local innovant » (Cercle Dev) au Niger, de septembre 2021 à mars 2026.

BB (www.nigerfocus.com)

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