
Mme Aminata Takoubakoye est visée par une ordonnance adoptée en août 2024 qui crée un fichier des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans des actes de terrorisme, d’atteintes aux intérêts stratégiques du Niger. Elle rejoint une liste d’une dizaine de personnes dont son époux.
Nigerfocus le 2 avril 2026 – L’ancienne ministre de la communication sous la transition du Général Salou Djibo (février 2020-avril 2011), Mme Takoubakoye Aminata née Aminata Boureima est déchue « provisoirement » de sa nationalité nigérienne au terme d’un décret signé le président de la république, le général d’armée Abdourhamane Tiani ce mercredi 1er avril 2026.
Egalement ancienne directrice générale de l’institut national de la statistiques (INS), proche de l’ancien président déchu Mohamed Bazoum, Aminata est soupçonnée notamment: de mener des « activités susceptibles de perturber la paix et la sécurité publiques », de produire et de diffuser de « données de nature à troubler l’ordre public ».
Le décret présidentiel vise également l’ancien leader estudiantin et assistant dans le cabinet de Mohamed Bazoum, Djibo Yaya. Ils sont également accusés de « diffamation, d’injures par moyen de communication électronique et apologie du terrorisme ».
La décision présidentielle est prise conformément à l’ordonnance du 27 août 2024, instituant un « fichier » des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans des actes de terrorisme ou dans toutes autres infractions portant atteintes aux intérêts stratégiques et/ou fondamentaux de la Nation ou de nature à troubler gravement la tranquillité et la sécurité publique et fixant les modalités d’inscription et de retrait ainsi que les effets y relatifs, modifiée et complétée par l’ordonnance du 07 octobre 2024.
Déjà visées par cette ordonnance
Avec eux, une dizaine de personnalités politiques ont vu le retrait provisoire de leur nationalité. Il s’agit notamment de l’ancien premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou, de l’ancien ministre des affaires étrangères Hassoumi Massaoudou, de l’ancien ministre à la présidence Rhissa Ag Boula, de l’ancien ministre et ancien président de la Haute cour de Justice Alkache Alhada, de l’ancien haut gradé de l’armée le Général Abou Tarka ou encore de l’ancienne ambassadrice du Niger en France, Mme Kané Aichatou Boulama.
D’autres membres et militants de l’ancien parti au pouvoir, le parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarrayya avril 2011- juillet 2023). Certains membres du cabinet de Mohamed Bazoum. Il y a Hamid N’Gadé, Abdou Pagoui, Oumarou Moussa, Dany Takoubakoye (époux de la ministre), Safia Amoumin.
La déchéance définitive est prononcée, selon plusieurs spécialistes, au terme d’un procès. Il faut alors que le Niger émette un mandat d’arrêt international car toutes les personnes visées par ces décrets présidentiels vivent hors du Niger.
BB (www.nigerfocus.com)
