
Le gouvernement du Niger a officiellement remis à l’ambassadeur du Tchad au Niger, la lettre de protestation suite à l’attaque au drone dans la région d’Agadez. Ce que le Tchad dement.
Nigerfocus le 28 octobre 2026 – Le gouvernement du Niger a accusé, lundi, dans un communiqué lu sur la télévision nationale, le Tchad et la France d’avoir mené dans la nuit du 24 octobre 2026, une frappe aérienne par un drone causant la mort de deux civils et plusieurs véhicules endommagés.
Tout en condamnant avec “la plus grande fermeté cet acte d’agression” qui constitue “une violation flagrante de la souveraineté nationale”, de la Charte des Nations-Unies et des principes fondateurs de l’Union africaine, le gouvernement du Niger estime que cet acte ne saurait être dissocié d’un contexte connu de tous.
“Depuis plusieurs mois, le Tchad s’est inscrit dans une démarche hostile à l’égard de notre pays et offre une profondeur stratégique à des mercenaires qui s’attaquent à nos populations, ainsi qu’à nos infrastructures stratégiques et énergétiques”, a précisé le gouvernement nigérien.
Le Niger exige des clarifications
Dans son communiqué, le gouvernement nigérien dit disposer d’éléments attestant que cette entreprise de déstabilisation bénéficie du soutien de certaines puissances étrangères et attend des États concernés des “clarifications publiques et sans ambiguïté”.
Aussi le gouvernement du Niger entend saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Il entend également demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante à laquelle il apportera son plein concours,
Le gouvernement qui tient le Tchad pour entièrement responsable de ces actes et de ses conséquences exige “la cessation immédiate de toute action hostile et la réparation des préjudices subis”.
Le niet du Tchad
Dans un communiqué lu à la télévision publique, hier mardi, par son porte-paroles et ministre de la communication, Gassim Cherif Mahamat le gouvernement tchadien a rejeté “avec la plus grande fermeté les accusations contenues dans le communiqué diffusé par la télévision nigérienne, qui lui attribue une frappe de drone survenue le 24 octobre 2026, dans la zone d’Emilouloun, région d’Agadez”.
Il a démenti “tout concours prêté à une quelconque autre puissance étrangère pour mener une action hostile contre le Niger” ajoutant que “le Tchad souscrit à une enquête internationale” et “ ne saurait accepter que son nom soit ainsi déshonoré en l’associant à des accusations aussi graves”.
“Le gouvernement tchadien récuse d’être le bouc émissaire des turpitudes sécuritaires internes auxquelles le Niger est confronté”, a estimé le gouvernement tchadien rappelant les accusations de Niamey dans la mutinerie d’août dernier.
Le Niger et le Tchad partagent une longue frontière de plus de 800 km. Les deux pays font face aux attaques terroristes notamment de Boko Haram depuis plus de 10 ans.
Et pour y faire face avec le Nigeria, le Cameroun, ils ont créé la Force multinationale mixte (FMM) d’une part et d’autre part avec le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie, ils ont mis en place la Force G5 Sahel.
Des organisations qui ont volé en éclats avec le départ du Niger, du Burkina Faso et du Mali. Trois pays qui ont porté sur les fonds baptismaux, en juillet 2024 la Confédération Alliance Etats du Sahel (AES).
BB (wwww.nigerfocus.com)
