
Le ministère du Pétrole, Hamadou Tini, a procédé en début de ce mois à l’installation officielle du comité technique chargé de préparer la mission de reconnaissance du tracé du gazoduc transsaharien sur le territoire nigérien. Cette étape marque le passage du projet de la phase d’études à celle du terrain.
La rencontre a réuni les principaux acteurs impliqués dans le projet, avec pour objectif de coordonner les actions devant précéder les travaux de terrain. La mission de reconnaissance, prise en charge par la Société nigérienne de pétrole (Sonidep), permettra aux équipes techniques d’identifier avec précision le tracé du gazoduc sur le territoire national, d’évaluer les réalités du terrain et de préparer les prochaines étapes de mise en œuvre.
S’adressant aux membres du comité, le ministre Hamadou Tini, a insisté sur les exigences de la mission.
« La mission que vous est confiée exige rigueur, professionnalisme et esprit d’équipe », Il précisant qu’elle devra « fournir aux plus hautes autorités de l’État des informations fiables, objectives et exhaustives qui serviront de base aux décisions futures. »
Pour sa part, le Directeur général de la Sonidep, principale bailleurs de cette étude ; a souligné que le tracé établi sur papier doit désormais être confronté aux réalités du terrain.
« La géographie, les contingences, personne ne les maîtrise. Alors l’idéal serait que la phase qui suit que les parties soient sur le terrain pour une évaluation », a précisé Ali Seybou, Directeur général de la Sonidep
Cette installation du comité technique nigérien intervient après le lancement, le 4 juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya algérienne d’Adrar, des travaux de réalisation du tronçon algérien du gazoduc. La cérémonie avait réuni les ministres en charge de l’énergie et du pétrole d’Algérie, du Nigeria et du Niger, marquant le passage du projet à sa phase opérationnelle et d’exécution.
Ce lancement faisait suite à la cinquième réunion ministérielle du Comité de pilotage du TSGP, tenue la veille à Alger, au cours de laquelle les trois pays ont validé le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée.
Un projet d’envergure régionale
Une présentation globale du projet a été faite à cette occasion afin de renforcer la compréhension de l’équipe technique sur les enjeux. Le gazoduc transsaharien est conçu pour acheminer le gaz naturel nigérian et nigérien vers le marché européen, via le Nigeria, le Niger et l’Algérie.
Le projet prévoit une capacité de transport d’environ 20 milliards de mètres cubes par an, sur une distance totale d’environ 4 300 kilomètres répartie sur les trois pays. Les investissements sont estimés à un peu plus de 23 milliards de dollars. Sur le territoire nigérien, l’infrastructure traversera trois régions sur environ 700 kilomètres.
L’étendue du tracé sur plusieurs régions impose, selon le Colonel-major Bello Garba du ministère de la Défense nationale, une approche sécuritaire d’ensemble plutôt que fragmentée.
« Il faut que, dès le point de départ, qu’on ait le concept dans sa globalité, qu’on le comprenne et qu’on puisse assurer tous les éléments de coordination pour que le travail puisse être fait », a-t-il fait savoir.
À travers le lancement de ces travaux, le gouvernement, par le biais du ministère du Pétrole, réaffirme sa volonté d’assurer une préparation rigoureuse de cette mission stratégique. Le projet du gazoduc transsaharien constitue un levier majeur pour la valorisation des ressources gazières du Niger, le renforcement de l’intégration régionale et le développement économique.
La mise en place de ce comité intervient à un moment où les relations entre le Niger et l’Algérie s’intensifient davantage à travers la signature de plusieurs accords dans le domaine du pétrole, de l’énergie et du gaz.
BB (www.nigerfocus.com) avec le ministère du pétrole.
