Washington sanctionne le ministère rwandais de la Défense pour son soutien présumé au M23.

Les États-Unis ont annoncé, ce mercredi 28 octobre, de nouvelles sanctions visant le ministère rwandais de la Défense et la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière liée aux forces de sécurité rwandaises.

Les griefs de Washington

Selon les autorités américaines, Kigali apporterait un soutien militaire et logistique à la rébellion de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Washington évoque notamment la présence de milliers de soldats rwandais aux côtés des rebelles, la fourniture d’armes, des activités d’entraînement, ainsi que l’utilisation de missiles sol-air et de dispositifs de brouillage susceptibles de menacer la sécurité de l’aviation civile.

Les États-Unis reprochent également au Rwanda de ne pas respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Washington du 4 décembre 2025, conclus sous l’égide du président américain Donald Trump.

La Zigama Credit and Savings Society est, pour sa part, accusée d’avoir traité des dizaines de millions de dollars au profit de l’AFC/M23, effectué des paiements à des fournisseurs en Chine et facilité l’exportation d’or et de coltan provenant notamment de Rubaya, dans l’est de la RDC.

Des mesures financières ciblées

Les sanctions prévoient le gel des avoirs et des intérêts patrimoniaux relevant de la juridiction américaine. Après les mesures prises en mars contre les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs officiers, Washington élargit ainsi la pression aux institutions militaires et financières associées au dispositif sécuritaire rwandais.

« Le Rwanda doit cesser son soutien au M23 et retirer ses troupes de l’est de la RDC », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Il a également affirmé que les États-Unis entendaient donner suite à l’engagement du président Donald Trump de demander des comptes au Rwanda.

Des réactions opposées à Kigali et à Kinshasa.

Le gouvernement rwandais rejette les accusations américaines, qu’il présente comme une tentative de faire de son pays un bouc émissaire, et continue de nier tout soutien au M23.

À Kinshasa, la décision a été saluée. L’ambassade de la RDC à Washington y voit un signal indiquant que les violations des accords de Washington doivent entraîner des conséquences.

Parallèlement, les autorités américaines appellent les entreprises à renforcer leur vigilance concernant les chaînes d’approvisionnement en or et en coltan provenant des zones contrôlées par les rebelles, où des risques de travail forcé ont été signalés.

Un contexte sécuritaire et politique toujours tendu.

Ces sanctions interviennent alors que la situation dans l’est de la RDC demeure préoccupante. La création, le 13 octobre, du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila et présenté comme intégrant le M23, ajoute une nouvelle dimension politique à une crise déjà marquée par les affrontements armés et les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.

Au-delà de leur portée financière, les mesures américaines constituent un nouvel instrument de pression diplomatique sur le Rwanda. Leur efficacité dépendra notamment de leur mise en œuvre, de leurs répercussions sur les circuits financiers et commerciaux concernés, ainsi que de leur capacité à favoriser le retrait des forces étrangères et une désescalade durable dans l’est de la RDC.

Sources : Terre d’Afrique TV 

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