
Le gouvernement du Niger va porter plainte contre l’entreprise française, Orano, à la suite de la découverte à Madaouela, dans le département d’Arlit (Nord du Niger), de 400 tonneaux contenant de “carotte radioactive”, a annoncé Alio Daouda, ministre de la Justice, Garde des sceaux lors d’une point de presse qu’il a animé ce mardi 2 décembre 2025.
Le ministre qui n’a pas précisé ni la date de la découverte et la durée de l’entreposage, a indiqué que selon l’étude géologique de terrain, les mesures de doses effectuées sur ces matières révèlent une toxicité dont le taux varie entre 7 à 10 microsievert par heure alors que la dose normale est de 0,5 microsievert.
« Les échantillons prélevés ont mis en évidence l’association de deux produits, à savoir le BISMUTH 207 et le CHROME X susceptibles de contaminer une personne se trouvant à 10 mètres avec pour conséquence le risque de troubles respiratoires aigus », a expliqué M. Alio Daouda.
La sortie médiatique du ministre de la Justice a été motivée par le communiqué de presse du Groupe français, de jeudi dernier [28 novembre 2025], accusant le Niger de vendre de l’uranium et de le transporter sans que les garanties de sécurité et de sureté ne soient remplies.
« L’Etat du Niger a pris toutes les dispositions pour poursuivre ORANO et obtenir réparation de tous les préjudices subis par nos populations après en avoir évalué avec les acteurs nationaux, l’ampleur sur les plans environnemental et social, sanitaire, éducatif et pastoral ».
Depuis le coup d’Etat de juillet 2023 qui a évincé Mohamed Bazoum du pouvoir, le Niger sous l’autorité du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) revendique sa souveraineté sur les ressources naturelles de son sous-sol. C’est ce qui a conduit à la dénonciation de plusieurs accords dont celui sur l’uranium qu’exploite Orano (Ex-Areva) depuis plus de 50 ans.
En septembre, à la tribune de Nations-Unies, le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine a dénoncé le déséquilibre estimant que la production uranifère n’a apporté que « poussière » et maladie pour les populations de la zone d’exploitation.
BB (www.nigerfocus.com)
