
C’est un bilan satisfaisant que le ministre nigerien de l’agriculture et de l’élevage Elhadj Mahamane Ousmane et le représentant pays de la Banque africaine de développement (BAD) au Niger Mamadou Tangara ont dressé ce lundi 6 juillet 2026 a l’occasion de l’ouverture de l’atelier de revue à mi-parcours de la composante nigérienne de Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS).
Nigerfocus le 6 juillet 2026 – Porté conjointement par la Banque africaine de développement, le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et les États membres, le P2RS ambitionne de bâtir des systèmes agro-sylvo-pastoraux plus performants, plus résilients et plus inclusifs.
Conçu en 2014 selon une approche régionale étalée sur une vingtaine d’années et articulée autour de projets quinquennaux successifs, le programme vise à répondre durablement aux défis structurels des pays sahéliens : variabilité climatique, dégradation des ressources naturelles, pressions démographiques croissantes et vulnérabilité persistante des ménages.
D’un coût d’environ 205 millions d’euros, la première phase du programme a été exécutée de 2014 à 2022 dans sept pays, sous la coordination du CILSS.
Au Niger, la première phase, pour un coût global avoisinant les 25 milliards de francs CFA, a permis d’enregistrer des résultats significatifs avec notamment la réalisation de 14 seuils d’épandage, l’aménagement de 170 hectares de petits périmètres et de 700 hectares en appui à la petite irrigation, ainsi que 3 000 hectares dédiés à la protection des bassins versants, la fixation des dunes et les plantations agroforestières.
Elle a également permis la construction d’infrastructures pastorales, de 40 salles de classe, de 70 latrines et de 67 kilomètres de pistes de désenclavement.

Une deuxième phase axée sur la consolidation.
Forte de ces acquis, la deuxième phase du programme a été conçue dans une logique de capitalisation, de consolidation et de restauration des terres dégradées, avec pour objectifs de renforcer la résilience des ménages vulnérables, de préserver les ressources naturelles et d’adapter les systèmes de production au changement climatique.
La deuxième phase du programme est financée par la Banque africaine de développement à hauteur de 168 milliards de francs CFA et par le Fonds climatique canadien à hauteur de 4,5 milliards de francs CFA.
Selon M. Tangara, cet engagement de la Banque « se justifie par la parfaite cohérence de ce programme avec les quatre points cardinaux de la Banque, dont le point cardinal stimuler la croissance inclusive et le point cardinal développer des infrastructures résilientes ».
Le programme s’inscrit également dans la stratégie décennale de la BAD couvrant la période 2024-2033.
La composante nigérienne bénéficie d’un prêt de 25 millions d’unités de compte, soit environ 21 milliards de francs CFA dont près de 93 % financés par le Fonds africain de développement, avec une contribution de l’État du Niger de 5 % et une participation valorisée des bénéficiaires de 2 %.
Sa zone d’intervention couvre les régions de Tillabéri, Dosso, Maradi, Tahoua et Zinder, touchant 75 villages répartis dans 15 communes relevant de 13 départements.

Objectifs de la revue à mi-parcours
L’atelier organisé à cette occasion doit permettre d’analyser les acquis du projet depuis sa signature, d’apprécier les activités non encore réalisées et de proposer d’éventuels ajustements, en tenant compte des priorités du gouvernement et du délai restant de mise en œuvre.
Cette revue portant sur la composante nigérienne intégrera les principales recommandations de la revue régionale organisée par le CILSS du 22 au 24 juin 2026.
« Cette revue à mi-parcours offre l’occasion d’apprécier objectivement le chemin parcouru, de mesurer les progrès accomplis, d’identifier les insuffisances éventuelles et de proposer les ajustements nécessaires pour optimiser l’impact des interventions sur la période restante », a indiqué le ministre de l’agriculture et l’élevage, Elhadj Ousmane Mahamane.
Il a insisté sur le fait que cette revue ne doit pas être perçue uniquement comme un exercice technique ou administratif, mais comme un véritable cadre d’apprentissage collectif, de dialogue stratégique et de prise de décisions concertées entre l’ensemble des parties prenantes.
Les travaux de l’atelier porteront notamment sur l’état d’exécution physique et financière des activités, l’appréciation du niveau d’atteinte des résultats attendus, l’identification des facteurs favorables et des contraintes ayant influencé les performances du projet, ainsi que sur des recommandations en matière de gestion financière, de passation des marchés, de sauvegarde environnementale et sociale et de gouvernance institutionnelle.
Jusqu’au 9 juillet prochain, les participants passeront en revue les différentes phases de ce programme.
Après la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’agriculture a animé un point de presse. Au cours de cette rencontre avec la presse, Ousmane El-Hadj Mahamane a indiqué que ce programme est conforme avec la vision du programme de la refondation. Il a magnifié les résultats obtenus au cours de la première phase et le début de la seconde phase.

BB (www.nigerfocus.com)
