Le Niger vote contre une résolution de l’AIEA exigeant des comptes à l’Iran sur son uranium.

Niamey a rejoint Moscou et Pékin pour s’opposer à un texte porté par les puissances occidentales, confirmant son repositionnement diplomatique sur la scène internationale.

Nigerfocus le 12 juin 2026 – Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), réuni mercredi 10 juin 2026, à Vienne, a adopté une résolution contraignant l’Iran à déclarer ses stocks d’uranium enrichi et à autoriser les inspecteurs de l’agence onusienne à les vérifier. Le Niger a voté contre ce texte, aux côtés de la Russie et de la Chine, sur les 35 membres que compte l’instance a rapporté l’agence Reuters.

La résolution, soumise conjointement par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, a été adoptée par 21 voix pour, 3 contre et 10 abstentions. Elle exige de Téhéran qu’il fournisse « sans délai » à l’AIEA des informations complètes sur ses inventaires de matières nucléaires et lui accorde l’accès nécessaire pour les vérifier.

En s’opposant à cette résolution, le Niger s’aligne sur la position des deux grandes puissances qui contestent l’ordre international occidental. Depuis le changement de régime de juillet 2023, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a opéré un pivot diplomatique marqué, rompant avec ses anciens partenaires occidentaux — dont la France — et renforçant ses liens avec Moscou et Pékin. Ce vote à l’AIEA s’inscrit dans cette logique de repositionnement.

Ce vote intervient alors que le Niger et la France à travers sa multinationale Orano sont à couteaux tirés sur la gestion de l’exploitation uranifère dans le Nord du Niger où le groupe français exploite depuis le début des années 70 deux mines d’uranium.

Le Niger a retiré le permis d’exploitation de la mine de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR) nationalisée en juin 2025.  

Un contexte international explosif

La réunion du Conseil des gouverneurs s’est tenue dans un climat de très haute tension. Quelques heures seulement avant le vote, des échanges de frappes militaires ont opposé les États-Unis et l’Iran, le président américain Donald Trump affirmant que Téhéran avait abattu un hélicoptère Apache américain près du détroit d’Ormuz.

Cette résolution fait suite aux frappes israéliennes et américaines de juin 2025, qui avaient détruit ou gravement endommagé les installations d’enrichissement d’uranium iraniennes. Selon l’AIEA, l’Iran détenait avant ces frappes quelque 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % de pureté — un seuil proche des 90 % requis pour un usage militaire, quantité suffisante pour fabriquer jusqu’à dix armes nucléaires si elle était davantage enrichie. Le sort de ces matières demeure à ce jour inconnu.

L’Iran a vivement rejeté la résolution, la qualifiant de « blanchiment d’une agression militaire ». Son ambassadeur auprès de l’AIEA, Reza Najafi, a estimé que le texte formulait des « demandes excessives » sans s’attaquer aux causes profondes de la crise. Téhéran a par le passé répondu à des résolutions similaires en intensifiant ses activités nucléaires ou en réduisant sa coopération avec l’agence.

Les États-Unis et l’Iran sont par ailleurs engagés dans des pourparlers visant à prolonger leur cessez-le-feu et à ouvrir la voie à des négociations plus larges sur le dossier nucléaire, des négociations que Donald Trump a qualifiées de décevantes dans un message sur les réseaux sociaux mercredi.

BB (www.nigerfocus.com)

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