Mali-Algérie : Bamako referme la parenthèse diplomatique en rouvrant son espace aérien et en renvoyant son ambassadeur à Alger

Le gouvernement malien a annoncé, ce vendredi 10 juillet 2026, le retour de son ambassadeur à Alger ainsi que la réouverture totale de son espace aérien aux aéronefs civils et militaires algériens. Une décision qui fait suite à un geste similaire posé quelques heures plus tôt par Alger, et qui met fin à plus de quinze mois de rupture entre les deux pays.

Nigerfocus le 10 juillet 2026 – Un contentieux né de la destruction d’un drone malien dans la nuit du 31 mars au 1er avril d’un drone Akıncı des Forces armées maliennes (FAMa) par les forces de défense aérienne algériennes, près de la localité de Tinzaouatène. 

Le Mali soutenait que l’appareil, engagé dans une opération antiterroriste, avait été abattu au-dessus de son propre territoire. L’Algérie affirmait de son côté disposer de données radar établissant une violation de son espace aérien.

L’incident avait immédiatement dégénéré en crise diplomatique. Le 6 avril 2025, les trois pays de la Confédération des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso) avaient rappelé pour consultations leurs ambassadeurs en poste à Alger, un geste jugé nécessaire face à ce qu’ils qualifiaient d’agression visant l’ensemble de la Confédération. Alger avait répliqué le lendemain par le rappel de ses propres ambassadeurs au Mali et au Niger, tout en fermant son espace aérien au trafic malien. 

Bamako avait riposté dans la foulée par une mesure de réciprocité, fermant à son tour son ciel aux aéronefs algériens « jusqu’à nouvel ordre ». Le Mali s’était par ailleurs retiré du Comité d’État-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC) et avait saisi la Cour internationale de Justice.

Un dégel amorcé par Alger

C’est l’Algérie qui a initié la détente ce vendredi, en annonçant par un communiqué de son ministère de la Défense nationale la réouverture complète de son espace aérien à l’ensemble des vols en provenance ou à destination du Mali, sur toutes les liaisons internationales. 

Quelques heures plus tard, le ministère malien des Affaires étrangères a réagi en officialisant deux mesures de réciprocité : le retour de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali à Alger, et la réouverture de l’espace aérien national malien à tous les aéronefs civils et militaires algériens.

Alger avait déjà engagé le même processus avec les deux autres pays de l’AES : ambassadeur nigérien réintégré à Alger dès février, suivi d’une visite d’État de Tiani, et accords sur les hydrocarbures et les mines avec Ouagadougou. Le Mali restait, jusqu’ici, le maillon le plus tendu du trio. Ce dégel avec Niamey et Ouagadougou a probablement créé un précédent difficile à ignorer.

BB (www.nigerfocus.com

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