AES : le ministre burkinabè des Affaires étrangères répond à Bola Tinubu sur la question du terrorisme.

Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TRAORÉ a exprimé le profond regret des pays de la Confédération face aux propos du président du Nigéria, Ahmed Bola Tinubu, imputant la recrudescence des enlèvements et des attaques dans son pays à l’insécurité dans les trois pays.

Nigerfocus le 8 août 2026 – Pour cela, le chef de la diplomatie du Burkina Faso, (son pays assure la présidence de l’AES), a convoqué, le jeudi 6 août 202, le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigéria à Ouagadougou, en présence de ceux du Mali et Niger.

Une semaine plus tôt, devant des chefs traditionnels, le président nigérian a indiqué que certains terroristes ne sont pas Nigérians.  Selon Ahmed Bola Tinubu, « le problème de l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger ne fait qu’aggraver nos difficultés ».

Des propos que le chef de la diplomatie du Burkina Faso a jugés  d’analyse rapide, très simpliste et surprenante.

« Nous aurions souhaité que le contexte sécuritaire soit présenté avec davantage de justesse, plutôt que de faire porter à des pays voisins la responsabilité d’une situation complexe, au risque d’alimenter des incompréhensions et des frustrations entre des peuples liés par l’histoire, la géographie et la fraternité », a appuyé Karamoko Jean Marie TRAORÉ.  

Le nord Nigéria, frontalier avec le Niger, fait face depuis 2009, à des attaques terroristes du groupe armé Boko Haram. Des terroristes qui ont, à partir de février 2015, étendu leurs actions dans l’est du Niger, endeuillant des milliers de familles.

C’est pourquoi le ministre burkinabè des Affaires étrangères estime que les propos du Président Tinubu constituent un mépris du sacrifice consenti par l’armée nigérienne face à Boko Haram depuis des années, alors que le phénomène de terrorisme ne sévissait pas encore dans les pays de la Confédération AES.

Appel à une action collective.

Aussi, le ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la coopération a rappelé que malgré les connexions établies entre Boko Haram et certains groupes terroristes actifs au Sahel, les États de la Confédération AES se sont toujours gardés de toute accusation publique contre le Nigéria, privilégiant une approche fondée sur la coopération et la responsabilité partagée.

Pour le Chef de la diplomatie burkinabè, « le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigéria font face au même ennemi. À ce titre, les succès enregistrés par les Forces de défense et de sécurité des pays de l’AES bénéficient à la sécurité de l’ensemble de la sous-région, y compris du Nigéria, en limitant les capacités de nuisance et la mobilité des groupes terroristes » tout en soulignant qu’ils ne sommes pas responsables de ce qui leur arrive.

« Nous en payons la facture, mais les véritables ennemis sont ailleurs. C’est pourquoi nous devons agir comme des peuples frères, unis par une même histoire et confrontés à une même menace », a-t-il souligné.

Source : MAE Burkina Faso (www.nigerfocus.com)

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